Bomoko qui signifie « Unité » en Lingala (une des quatre langues de la RDC) est le nom que nous avons choisi pour notre Fondation qui a pour objet la lutte contre le Cancer.
Pour tout vous dire, tout est parti des simples constats quotidiens, il suffit d’observer attentivement ce qui se passe autour de nous pour remarquer combien le cancer s’impose chaque jour dans nos vies et dans celles de nos proches. Parmi les causes les plus fréquentes de décès dans le monde en général et en RDC en particulier, le Cancer y trouve une place. Nous avons donc voulu mettre à la disposition de notre population et pourquoi pas du monde entier, un cadre dédié à l’information et la vulgarisation sur le Cancer ainsi que ses avantages liés au diagnostic précoce de la maladie, qui est en fait un des facteurs favorisant la guérison mais aussi accompagner et orienter les personnes malades vers un traitement optimal et palliatif pour ceux dont le stade est avancé.

Etant une maladie qui en regroupe plusieurs, nous nous focalisons sur 5 types de cancer pour ces cinq prochaines années : Le Cancer de Sein, le Cancer du col de l’utérus, le Cancer de la prostate, la Leucémie et le Cancer du Côlon-rectum à cause de leur récurrence mais aussi à cause de toutes les avancées médicales y relatives.

Nous sommes basés à Kinshasa depuis le début de l’année 2017 et très bientôt, nous aurons nos activités représentées dans l’une des provinces du pays déjà pour cette année 2017. 

La plus grande difficulté en ce moment est justement d’en parler. Le Cancer reste un sujet tabou et surtout sensible car il renferme bien de mauvais souvenirs et douleurs. Mais je sais que très bientôt cette difficulté sera levée et nous aurons à en avoir tant d’autres beaucoup plus importantes.

L’une de nos journées les plus importantes est l’atelier que nous organisons mensuellement avec un oncologue sur un des types de Cancer précités car nous arrivons à réunir plus de 200 personnes généralement d’un âge variant entre 18-55 ans autour d’une formation sur la maladie. Nous avons inclus dans cette journée, un moment de partage et d’échange afin de pouvoir permettre aux participants de poser différentes questions mais aussi d’écouter une expérience soit d’une personne qui a pu avoir un traitement et qui est bien portante soit d’un proche du malade qui a eu à vivre l’expérience douloureuse d’accompagner une personne souffrante du Cancer. Nos journées se concluent toujours par des gestes de gratitude des participants qui ont peu enfin avoir des réponses à diverses préoccupations mais surtout de retrouver de l’espoir. 

Le Cancer reste un sujet tabou et surtout sensible car il renferme bien de mauvais souvenirs et douleurs.
— Melissa Sharufa
 

Ensemble contre le cancer au Congo


Pour l’instant, nous sommes ouverts pour toute collaboration et nous lançons encore des appels de soutien et de financement un peu partout car le projet étant grand, nous ne pouvons pas arriver à le réaliser seuls. Mais néanmoins, nous recevons quelques réponses positives des potentiels partenaires et notre gouvernement en nous octroyant déjà tous nos droits d’exercer en toute sécurité nous accorde en quelque sorte, son soutien et son accompagnement pour le projet. Nous nous focalisons à fournir de plus en plus de résultats positifs et encourageants dans cette lutte en éduquant la population sur ce qu’est le Cancer et nous croyons que dans un avenir très proche, d’autres associations étrangères n’auront pas du mal à nous faire confiance. 

Comme je l’ai dit précédemment, seuls les résultats de nos efforts pourront convaincre. Nous travaillons en étroite collaboration avec ceux qui sont dans la chaîne de la prise en charge du Cancer, à savoir les centres de diagnostic, les hôpitaux pour l’hospitalisation, les chirurgiens ainsi que les laboratoires pharmaceutiques pour les médicaments. Nous ferons notre part, c-à-d parler et imposer notre présence en tant que Fondation qui vise surtout à orienter et assister les personnes malades mais démunies vers un traitement curatif et l’autre part, qui est la plus difficile, se fera d’elle-même ; la conviction ne sera qu’une conséquence logique de notre implication dans cette lutte. 

La fondatrice

Melissa Sharufa est une Congolaise (RDC) avec un diplôme de Finances de l’Université Catholique du Congo. Indépendante et déterminée, elle poursuit sa  carrière professionnelle « dans l’ombre » en combinant des activités entrepreneuriales et des prestations en consultance dans le marketing et surtout dans l’événementiel. 

Cette cause me tient à cœur car c’est une maladie de ce siècle et de ce temps qui ne fait distinction de personne et qui est une grande menace pour nos vies et celles de nos proches mais aussi, malgré tout ce qu’on peut entendre de négatif sur le Cancer, le pourcentage de rémission (guérison) augmente sous d’autres cieux, pourquoi ne pas baser sur le positif et les stratégies de vulgarisation qu’utilisent mes aînés dans cette lutte afin d’apporter une contribution à la réduction de la mortalité liée au Cancer en RDC?

Nous travaillons d’arrache-pied pour pouvoir fournir des résultats concrétisant qui attireront des partenaires afin de permettre aux démunies d’accéder aux soins et traitements curatifs du Cancer. 

Nous avons eu deux ateliers durant le mois de Juillet 2017, le 15 pour le cancer de sein et le 29 pour le cancer du col de l’utérus. Et notre soirée de lancement pour le mois de Novembre de cette année.

Les Congolais peuvent nous aider en partageant l’information autour d’eux et en nous contactant pour en savoir plus sur le Cancer, signaler les nouveaux cas et surtout, en devenant l’un de nos donateurs et/ou partenaires afin de sauver les vies des personnes qui n’ont pas les moyens de se permettre un traitement approprié.

Pour finir, je suis simplement reconnaissante envers tout le corps médical du monde qui continue à faire tant de sacrifices en cherchant des réponses sur la question du traitement du Cancer, sans oublier toute ma famille et mon équipe, sans qui je ne pouvais me retrouver ici aujourd’hui mais surtout à ESIMBI Magazine et tous les lecteurs pour cette opportunité de parler en faveur de toutes ces personnes qui souffrent en silence.