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“ Celle qui éveille la conscience. ”

Gasandji

 

Tu as quitté le Congo à l’âge de 14 ans, comment as-tu vécu ce changement?

Mon arrivée en France fut très étrange. Cette nouvelle culture était loin de tout ce que j’avais vécu auparavant. J’ai eu une education assez stricte et là je me retrouvais dans un environnement de liberté totale.

Comment ta carrière dans la musique a-t-elle démarré?

J’ai commencé très jeune car ma première passion est la danse. J’ai commencé à fréquenter des musiciens en tant que danseuse, ne pensant pas que je finirai par en devenir une moi même. J’ai tout d’abord été choriste  pour différents groupe de jazz, Funk, Reggae et musique Africaine.

Venant d’une famille qui favorise les voies académiques, comment ont-ils réagi à ton choix de devenir chanteuse? 

La réaction familiale a été très dure à mon égard surtout de la part de mon père, qui ne m’a plus parlé pendant des années. C’est très compliqué quand dans une carrière artistique, tu n’as pas le soutien des personnes les plus proches de toi.

Pourquoi as-tu choisi la danse Hip-Hop au lieu d’une autre?

C’était une passion qui a commencé très simplement, je fesais parti d’un groupe de filles au Lycée et nous avions décidés de faire un groupe de danse puis ce projet s’est professionnalisé et nous avons fait des tournés dans des festivals, pour des Artistes, etc…

Tu as ensuite eu l’opportunité d’avoir Lokua Kanza comme coach vocal, quels sont les choses clé que tu as appris? 

J’ai appris énormément de choses avec Lokua. Il a d’abord vu mes points forts dans la composition ( la mélodie ) et il m’a poussé à developer l’écriture, jouer de la guitare pour être plus autonome. Grâce à ses conseils, j’ai appris aussi le travail de studio pour la réalisation d’un album et à présent j’en suis à mon deuxième. Je crois que j’ai été à bonne école. De sa personnalité et son humilité, j’ai vu que nous apprenons tous les jours, rien n’est acquis. C’est vraiment un exemple pour moi.

Parle nous de l’évolution de ta musique?

La musique que je produis maintenant est vraiment ce que je voulais entendre de moi même depuis que j’ai commencé dans ce metier. J’ai du travailler, rencontrer les bonnes personnes et finalement trouver le son qui me correspond, ce qui est un mélange de tout ce que j’écoute ( Rumba, jazz , soul reggae ) et la musique transe. 

Dis nous un peu plus sur ta procédure pour écrire.

Mes experiences d’écritures sont souvent des histoires personnelles vécues, que je mets en chanson. Il est question de pouvoir faire ressortir ce qu’il y’a au plus profond de moi en terme de joie, tristesse et espérance. C’est comme des lettres que j’adresse à différentes personnes et plus tard cela devient des chansons. 

Qui sont tes plus grandes influences musicales?

En premier, je dirais Bob Marley puis la musique Rumba congolaise ( Franco, Rochereau, Vieux Kallé, Zaiko Langa Langa, etc...) depuis que je suis toute petite et après beaucoup de Hip-hop Américain et Français ( Guru gangstarr, tribe called oust etc… ). Après cela je dirais mes mentors comme Lokua Kanza, dont j’adore la musique et la personne. 

Quel a été la chose la plus difficile durant ton parcours?

Mon parcours artistique m’a permis d’apprendre beaucoup sur l’être humain, comment nous échangeons, comment nous pouvons nous faire entendre. C’est un vrai parcours de vie à travers les relations avec les autres et soi-même. Avoir confiance en ce que nous faisons, sans écouter les critiques, se forger cette personnalité qui doit prendre les responsabilités dans la vie en respectant l’environnement dans lequel nous évoluons.

 

 

Depuis ton voyage en France, es-tu retourné au Congo? Si oui, comment s’est passé le séjour? 

Non, je ne suis jamais reparti en RDC pour des raisons familliales, mais j’espère y retourner bientôt.

Être une femme Congolaise, quelle est la signification pour toi?

Être UNE FEMME déjà signifie relever des defies, se mettre au service d’un monde qui change vite, se remettre en question et apporter au monde même sa plus petite contribution. Élever nos enfants pour qu’ils soient les êtres qui feront évoluer les choses et auront un regard nouveau sur la situation social, politique et environnemental du monde. Faire de sa propre vie un exemple. 

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Lokua Kanza m’a poussé à developer l’écriture, jouer de la guitare pour être plus autonome.
— Gasandji

Pourrais-tu me dire un peu sur ton travail avec les jeunes?

Quand j’ai commencé ma carrière, l’idée de la transmission était une vrai obsession et c’était ma façon de contribuer en plus de la musique, comment changer les choses si on croit encore en un monde nouveau. Je crois que ça passe par l’éducation, la nouvelle generation. D’où mon désir d’éveiller la curiosité, se reposer la question de comment construire ensemble.

Comment combines-tu ta vie de maman et ta carrière?

C’était un challenge au début avec beaucoup de culpabilité de ma part mais aujourd’hui ça va. Mes enfants sont scolarisés à la maison. Je fais un suivi de leur evolution, nous apprennons ensemble et je peux voyager avec eux. Elles sont beaucoup plus équilibrées que je n’aurai imaginé et leur papa prend le relai, c’est formidable.

Ton style est très unique, quels sont tes marques préférées? 

J’ai une coiffure très marqué depuis plus de 10 ans et ce fut pour rendre hommage aux racines et coiffure tribal Africaine, pas facile à porter mais unique c’est vrai au niveau du look. Je n’ai pas de marque préférée, je suis très touchée par les créateurs qui travaillent des fibres naturelles, simple et facile à porter et chez moi je suis en crocks et jean.

Quel est la suite pour Gasandji? 

Etre heureuse et profiter de chaque cadeau de la vie.